Lundi 8 octobre 2007
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Les préceintes forment la structure longitudinale extérieure de la coque telle une ceinture. Les bauquières ont exactement le même rôle à l'intérieur de la coque. Une
fois celles-ci posées, il devient possible de poser l'habillage final de la coque. On s'appuie en effet sur ces éléments pour poser les lattes du bordage (à l'extérieur) et du vaigrage (à
l'intérieur).
Je m'étais décidé dès le départ à laisser un côté apparent et donc sans habillage afin de laisser visible la structure de la coque et l'agencement intérieur. Par conséquent, seul le côté babord
sera bordé et vaigré.
Contrairement aux étapes précédentes, le bordage et le vaigrage sont des étapes relativement simples et rapides et qui donnent tout de suite une impression de
"fini" un peu illusoire au vu du travail déjà réalisé et du travail restant
Le principe du bordage est simple. Il s'agit de poser des lattes (en général deux à la suite) tout le long de la coque. Pour le bordage, l'assemblage entre les deux se fait en trait de jupiter.
La seule difficulté tient dans le respect des lignes de fuite. En effet étant donné la forme 3D de la coque, il faut poncer les extrémités des bordés sans quoi, les extrémités de la coque seraient
bordées avant le centre.
Pour cela, il y a aussi, au-dessus des fonds, un certains nombres de bordés qui viennent
s'endenter dans d'autres plutôt que de venir mourir sur l'étrave.
Bien que l'opération dans l'ensemble soit simple, elle requiert soins et attention. Les
défauts sur cette partie sont tout de suite visible et si des trous ou des défauts de tangence dans les lignes de fuite apparaissent, l'effet est alors assez disgracieux. Il faut aussi prendre garde de ne pas briser les lattes au
moment de les mettre en forme ou de les serrer pour mise en forme. Les mini serres-joints sont absolument indispensables pour ces opérations mais sont susceptibles aussi de gâcher une heure ou plus
de travail de préparation de pose du bordé si on les serre trop.
Au cours de ce travail j'ai pu améliorer ma technique par les points suivants:
L'usage de la colle forte type super GLUE. Pour des zones où il est difficile de placer les serres-joints (par exemple sur les allonges d'écubier), cette
colle permet de placer et de coller au bon endroit les baguettes par simple pression d'une à deux minutes.
Cependant il s'est avéré absolument indispensable de me procurer des serres-joints beaucoup plus profonds. J'ai longtemps été embêté, de ce point de vue, sur le choix à faire. La majeure partie des
serres-joints désormais proposés est en plastique. Les pinces à cliquets que j'avais achetées en ce sens sont intéressantes (en fait elles ont un système de blocage par cliquet au fur et à mesure
du serrage) cependant si la pression à appliquer pour maintenir ma latte en position est trop forte, le cran du cliquet saute...
De plus la majorité des toutes petites pinces plastiques ont un ressort trop faible si la latte doit être maintenue dans une position particulière. J'ai donc pas mal hésité avant de reprendre des
serres-joints plastiques craignant que ce défaut leur soit propre. Je m'étais donc débrouillé pour passer mes serres-joints métalliques entre les mailles des parties non bordées de ma coque, mais
une fois arrivé à la clôture de ma coque, il y avait une zone où je ne pouvais plus passer mes serres-joints : les derniers bordages sous les préceintes. Il a donc fallu que je me décide à prendre
des serres joints adaptés. J'ai trouvé ainsi des serres-joints plastiques assez longs et avec un ressort beaucoup plus puissant, ce qui m'a permis de régler mon problème.
Autre point, pour plier correctement les lattes afin que leur collage se passe beaucoup mieux, l'usage d'eau bouillante
savonneuse se révèle particulièrement efficace.
Je procède ainsi : je mets à chauffer l'eau dans une bouilloire. Une fois à ébullition je verse l'eau dans une assiette creuse dans laquelle j'ai mis du liquide vaisselle. Je plonge ma baguette
dedans en m'arrangeant pour commencer à le ployer doucement dans le bon sens.
Quelques minutes suffisent pour imbiber la baguette et la placer sur le modèle avec des seres-joints dans les zones critiques.et pour que la baguette soit bien exactement à la place qu'elle doit
occuper. Une fois la baguette débarrassée de son humidité, je commence le collage.
Le temps de préparation peut être important car pour pouvoir mettre en forme la baguette par la méthode décrite ci-desus, il faut que j'ai donné à l'enveloppe "à plat" de la baguette, la bonne
forme.
Voilà d'ailleurs un écueil qui doit être évité à l'avenir: le ponçage "à vue" des faces latérales de mes lattes. En effet, pour la
majorité des lattes, je me suis contenté de poncer mes lattes pour que "globalement", la forme à plat de celle-ci soit bonne, tout en m'arrangeant pour n'avoir qu'un côté à chaque fois à
reprendre.
Cependant, cette méthode a un inconvénient notoire: j'ai perdu 3 à 4 mm de largeur au niveau du couple maître: le couple le plus large et au niveau duquel les lattes doivent être les plus larges.
En apparence, ce n'est rien, mais le problème c'est que mettre une latte de 3 à 4 mm pour combler le trou n'est pas vrament esthétique surtout quand toutes mes lattes font environ 8 ou 9 mm de
large dans cette zone. J'ai préféré répartir cette erreur sur les 2 bordés restant. J'ai donc été obligé de reprendre une planche de poirier, d'y tailler des lattes de 10-11mm et
de mettre celles-ci à la bonne épaisseur.
Une erreur qui aurait pu être facilement évitée si j'avais réalisé un gabarit de chacune des lattes (en papier fort par exemple). Il suffit pour cela de dessiner le tracer du bordage sur la coque,
d'appliquer une bande de papier fort sur la coque et de la découper jusqu'à ce qu'elle respecte les marquages sur les couples. il ne reste plus qu'à la coller en position sur la latte et découper
celle-ci avec de la marge suivant ce contour. Le temps que j'ai perdu à refaire mes lattes est bien plus important que celui pris pour suivre cette méthode.
Le vaigrage est tout-à-fait similaire au bordage, si ce n'est qu'à l'intérieur les liaisons ne se font pas en trait de jupiter mais ce sont des liaisons
droites.
Pour pouvoir placer, le plus longtemps possible mes serres-joints à travers la maille de la membrure, j'ai maintenu une alternance dans la pose des lattes du bordage
et du vaigrage.
A chaque latte posée sur l'extérieur de la coque, je pose son vis-à-vis à l'intérieur.
Je suis ainsi parti des fonds pour atteindre les préceintes dans un cas, les bauquières de l'autre.
J'ai aussi posé les lattes du vaigrage en deux parties mais, faute de plus d'indication, je je me suis contenté de les ajuster par collage au droit.
On peut constater que le vaigrage dans les zones au-dessus des fonds n'est plus continu. Des cales sont donc utilisées pour maintenir le bon écartement.
Une fois de plus, j'ai constaté qu'il aurait été bien préférable de réaliser un gabarit en papier de mes lattes de vaigrage. En voulant respecter les lignes de fuites de mes bordages j'ai
malheureusement trop poncé la partie centrale. J'ai essayé de compenser cette erreur sur les vaigrages suivant mais du coup l'écart n'est pas partout parfaitement homogène. Dans l'idéal j'aurai
voulu tracer à même les couples le tracé tant du bordage que du vaigrage, mais je ne vois pas de méthode efficace pour y parvenir simplement et sans écart.
Concernant le bordage des hauts (au dessus des préceintes à l'extérieur, au dessus des bauquières à l'intérieur), pas de problème particulier. J'en ai juste
profité pour réaliser l'ouverture des sabords dans mes bordages et dans mes couples. La technique reste la même.
Un point tout de même: le vaigrage intérieur dans les hauts n'est pas réalisable à cette étape: le pont doit être posé avec ses lattes dont les extrèmes se trouvent contre la paroi. Les premiers
vaigrages des hauts viennent au-dessus de ces lattes, donc ils seront posés après la pose du pont, pour éviter qu'il y ait un trou entre le vaigrage et les lattes du pont.
A noter aussi qu'il faut une fois de plus tenir compte du resserrements à prendre en compte au niveau de la proue. Si on garde en effet des baguettes de tailles
constantes comme je l'ai fait dans un premier temps, au niveau de la proue avec la légère courbure, on recouvre trop de surface. Ceci m'a été particulièrement préjudiciable pour la pose des
lisses...
En attendant, l'étape suivante est le bordage de la poupe.
La voûte arrière ne pose pas de problèmes particuliers à border. Elle est en effet à double courbure mais très peu prononcée. Comme on le voit ci-dessous,
j'ai décidé de laisser une partie de la voute sans habillage afin de mieux montrer la charpente.
Une fois bordée il ne reste plus qu'à placer le cloutage. Pour cela la technique est toujours la même : un pré-trou à la perceuse puis j'enfonce une petit section de fil de laiton qui est ensuite
arasé et limé.
La seule difficulté tient à mes choix graphiques: j'ai décidé de la teinter intégralement au brou de noix. Mais comme les lisses en buis (bois jaune) doivent terminer ici, mieux valait poser ce
bordage immédiatement et éviter de déborder sur les lisses de décoration en buis lors de la teinture au brou de noix.
L'important au final est d'avoir un tableau bien uniforme et sombre qui servira ainsi de fond au décor de poupe.
Il est temps de poser les dernières pièces de bois habillant l'extérieur de la coque elle-même. Il s'agit des décorations se trouvant au-dessus des sabords.
Trois lisses en buis moulurées agrémentent ce décor et un placage avec une latte intercalaire.
Le problème que j'ai rencontré et mentionné plus haut concerne l'espace qu'il me restait au niveau du gaillard d'avant pour poser mes deux lisses et la latte intercalaire au dessus des trois lattes
de bordage des hauts. Au final, j'ai dû décoller mon bordage de proue à ce niveau et le refaire.
Je me suis ensuite attaqué à la préparation des moulures sur ces lattes.
La méthode appliquée est la suivante: poncer le dos d'une lame de scie à métaux pour lui donner la forme en négatif de la moulure. On tire ensuite ce profil tout le long de la baguette brute en
penchant un peu celle-ci et les copeaux partent tout seul. Un vrai plaisir.
Le plaisir est en revanche bien moindre lorsqu'on cherche à ployer ainsi une baguette de buis moulurée.
Le buis, semble en effet particulièrement dur à plier. Je pense q'un véritable outil est nécessaire dans ce cas. J'ai essayé l'eau bouillante savonneuse, le fer à souder... J'ai cassé pas mal de
baguettes en tentant de ployer celles-ci. Les moulures constituent une zone de rupture qui augmentent d'autant la fragilité de la baguette.
Au final sur les quatre baguette posées une seule ne doit pas être fendue. J'ai recollé les autres et les ai de nouveau poncée et sculptée.
J'ai aussi posée cet habillage du côté tribord afin de rendre ce côté plus harmonieux.
La finition du bordage est simple mais reste une étape de longue haleine : il faut poncer la coque, percer des micro-trous pour y insérer les morceaux de fil
métalliques servant de clous, poncer ceux-ci et passer le tout à la laine d'acier.
Dans les faits l'opération est longue : il y a 1360 clous à planter.
Dans la prochaine étape nous aborderons l'aménagement de l'intérieur de la coque.